Questions de société

Dans ce module, nous traiterons de différents sujets sociaux, économiques, culturels voire politiques.

5 _ La SNCF et le président Pepy

Composée de 3 établissements publics, la SNCF est présidée par Guillaume Pépy, également PDG de SNCF Mobilités (exploitation et circulation des trains) et PDG de SNCF Réseau (les voies et les infrastructures). Une nouvelle loi provoque un grand changement à la SNCF qui redevient une société nationale à capitaux publics, détenus à 100% par des capitaux publics et incessibles, c'est à dire non privatisables. Coté dette, en 2020 l'état absorbera 25 milliards et en 2022 les 10 milliards restants. Au point de vue direction, Guillaume Pépy ne briguera pas un troisième mandat à la tête de l'entreprise ferroviaire; d'après lui "ce serait le mandat de trop", d'ailleurs certains pensent que l'ouverture à la concurrence en 2020 n'est pas dans la mentalité du PDG actuel; à  cette date la SNCF devra partager ses voies avec d'autres opérateurs, à l'heure actuelle seuls la société Trenitalia et l'espagnol Ilso seraient sur les rangs; de son coté la SNCF ne sera pas un concurrent facile, il suffit de voir le succès commercial de la société depuis la mise en service du Ouigo, TGV à bas coût, pour se rendre compte que l'entreprise ne reste pas un simple observateur des événements à venir. Le Président Pépy a dit: "Un voyageur dans un train c'est 10 grammes de CO2 dans l'atmosphère par kilomètre; dans une voiture, c'est 200 grammes. Si on veut travailler au redressement de la planète il faut que le transport ferroviaire attire encore plus de voyageurs".

SNCF en quelques chiffres:

La SNCF c'est: 33,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2017, mais 7,9 milliards d'euros de dette chez SNCF Mobilités et 44,9 milliards d'euros chez SNCF Réseau. C'est 150 000 salariés, 260 000 avec les filiales et l'international. Coté voyageurs, c'est 26,6 millions de voyageurs InterCités.

En 2017, dans toute la France c'est 110 millions de voyageurs TGV et 336 millions de voyageurs TER; 15 000 trains circulent chaque jour.

Prenez le train, mais surtout luttons contre la suppression de certaines gares et de certaines lignes.

4 _ Le ferroutage

Depuis des décennies on en parle, mais on piétine toujours. Des dizaines de milliers de camions ne font que traverser notre pays et démolir notre réseau routier, l'exemple de tous les camions des pays de l'est de l'Europe, de la frontière espagnole à la frontière allemande ou belge. Pourquoi n'utilise t'on pas le ferroutage? Oui le camion sur un wagon. Nous avons le savoir-faire, le tunnel sous la Manche et surtout les infrastructures; nous possédons un très bon réseau ferré, également des lignes directes telles Hendaye-Paris-la frontière belge ou allemande, cette même frontière du Nord-Paris-Lyon-Marseille ou l'Italie; et pourquoi pas la voie fluviale, le Rhône, navigable grâce à ses canaux, ses grandes écluses, une voie pratiquement jamais utilisée, et oui par le mer aussi, que diriez-vous des camions chargés en Espagne ou à Bayonne sur des navires équipés et qui prendraient la mer direction le nord de la France, la Belgique ou la Hollande voire l'Angleterre; ça c'est penser à la planète.

3 _ Ethiquable ou équitable

Dans sa philosophie, l'appât du gain n'est pas un but; faisons connaissance avec une des 2600 coopératives ou Scop de notre pays. Tout a commencé entre trois hommes, un économiste, un commercial et un ingénieur agronome, trois hommes qui se décident en 2002 de se lancer dans une aventure, créer la marque "Ethiquable". C'est à Fleurance dans le département du Gers que cette aventure a pris naissance. Reconnue "entreprise solidaire d'utilité sociale", ça se mérite. Ce sont dans des locaux de la zone industrielle de Fleurance que la société a installées le siège, l'entrepôt des denrées, la vente en ligne, ainsi que le conditionnement et l'expédition des épices, du sucre et d'autres matières premières. Une centaine de salariés et de sociétaires travaillent en ce lieu; quant au bureau de recherche-développement, les 15 personnes agronomes et responsables du marketing, c'est à Paris que leur bureau a été ouvert. Comme dans toutes les structures de commerce équitable, l'idée première était d'aider les petits producteurs pratiquant une agriculture paysanne et bio des pays du Sud; principal but pour eux, sortir de la dépendance. Un exemple, une sucrerie du Pérou a été aidé dans le financement de leur usine, afin d'obtenir des taux intéressants pour emprunter. Cette coopération a mené cette structure a vendre un produit fini et surtout a obtenir des salaires dignes du travail accompli. En 15 ans d'existence, ce sont 46530 producteurs, dans 27 pays, qui ont été soutenus. En France la marque Ethiquable progresse de jours en jours, surtout grâce au chocolat qui représente à lui seul 1% du marché du produit; les autres produits phare sont le café, les thés et le sucre complet du Pérou. D'autres produits ont été vendus par des producteurs, également coopérateurs: ce sont des infusions bio du Massif-Central, des herbes aromatiques d'Ardèche et des Corbières, de la farine de sarrasin de Bretagne, de la crème de châtaigne de l'Aveyron, des confitures des monts du Lyonnais et des jus de fruits du Roussillon. Des partenariats sont régulièrement noués avec d'autres groupements de producteurs de diverses régions mais surtout de Gascogne et de tout le Sud-Ouest. L'avenir d'Ethiquable, c'est la construction de nouveaux locaux pour le regroupement de toutes les activités à Fleurance, en reconnaissance des aides perçus. Notre plus grande fierté, c'est qu'entre 50% et 53% du prix payé par le consommateur revient au producteur.

2 _ Musique en Entre-deux-Mers

Fondé il y a 30 ans le Jeune Orchestre symphonique de L'Entre-deux-Mers, Josem, est une véritable pépite comme seul le monde rural en recèle. En milieu rural, cet ensemble instrumental promeut la musique symphonique et sensibilise le jeune public à la pratique instrumental. Complétement autogéré, il est réservé aux 12/25 ans. Il s'agissait de répondre à une demande; créé à Saint-Quentin-de-Baron par Hervé Funfstuck il y a une trentaine d'années, aucun objectif n'avait été fixé, c'était l'aventure et ça l'est toujours. L'orchestre a un répertoire varié et original; on navigue entre la musique symphonique, baroque, contemporaine, ainsi que les musiques du monde, le rock et le hip-hop. C'est une soixantaine de musiciens de tout l'Entre-2-Mers d'Artigues à Langoiran et de Libourne à la rive gauche qui se retrouvent régulièrement à Créon chaque mercredi soir pour une répétition générale. C'est à l'occasion de ces regroupements que l'on se rend compte que ces jeunes musiciens qui apprennent à jouer ensemble nous rappellent aux valeurs de respect, d'écoute des autres, de partage, de socialisation et de construction individuelle. "On s'y sent bien" résument pudiquement ces "Josemiens", chacun y a trouvé sa place, chacun s'y investi et prends des responsabilités. Depuis 2011, le chef de cet orchestre pas comme les autres, est Eloi Tembremande, trentenaire et joueur de basson, contrebasse, trombone; c'est également un compositeur émérite. Nicolas Lescombe avait avant lui marqué 7 ans de passage à la baguette. Pour prendre place dans "la fosse" du Josem, il y a une limite d'âge, 25 ans c'est "le début de la fin". C'est alors le moment de se remémorer les bons souvenirs et les faits de gloire. Le Josem a enregistré 4 albums et ne s'est pas contenté de jouer "régional"; il fut l'invité des Francofolies de La Rochelle, de Musicalarue dans les Landes; il a joué en Crête, en Allemagne, en Espagne, en Russie, en Pologne, au Mexique et surtout au Brésil où fut créé l'Orchestre aux pieds nus, des enfants et adolescents de milieux défavorisés de la ville de Sao Caetano; c'est à cette occasion qu'est née une longue amitié et une forte entraide qui ne s'est jamais démentie. Le Josem ne se contente pas de répétitions hebdomadaires pour quelque concert annuel, c'est une véritable famille avec ses joies et un jour un drame, le décès de Théo Lacombe, 15 ans qui a trouvé la mort dans un accident de voiture au retour d'un concert. Le plus bel hommage qu'on puisse faire à Théo est que cet orchestre autogéré perdure.

1 _ Marques alimentaires et profits

Abonné à une revue mensuelle indépendante et engagée, j'ai découvert une enquête relative à des grands groupes alimentaires bien connus des français depuis plusieurs générations; à qui appartiennent-ils et comment sont ils gérés; mais le pire, que trouve t-on dans leurs recettes. C'est un résumé de cet article que j'ai voulu vous présenter; nous voici plongé dans cet univers où les multinationales ont fait main-basse sur notre assiette et notre porte-monnaie.

A la manufacture de Nantes, et à la fin des années 1880, Louis Lefèvre-Utile vient d'inventer le Petit-Beurre LU; dans sa composition que du beurre de première qualité, des oeufs frais, des farines de qualités premières, sans aucun mélange ni ajout; mais voici les années 2010, tout a changé que ce soit la propriété de la marque comme de la composition des produits. Tous ces produits LU, nous les appellerons Petit-Beurre, Petit-Brun, Petit-Ecolier et bien d'autres, et bien tout ça est tombé entre les mains d'un magnat alimentaire américain, un dénommé Mondelez, une multinationale de l'agroalimentaire qui emploie un peu plus de 80 000 personnes à travers le monde et tout ce petit monde permet à cette multinationale d'engranger la modique somme de 21,6 milliards tous les ans de chiffre d'affaires. Bien qu'il revendique son origine, le petit gâteau LU n'est plus qu'une formule de chimie qui groupe des substances issues des laboratoires de grands fabricants d'additifs et autres ingrédients comme l'acide citrique, la poudre de lait et les arômes artificiels.

Le biscuit LU ressemble à d'autres marques que nous connaissons tous, ce sont Menier, Liebig, BN, Miko, Yoplait, St.Michel, Maggi, Andros, Knor, Maille, et bien d'autres; toutes ces marques sont tombés dans l'escarcelle des géants de l'alimentation. Une poignée de multinationales comme Neslé, Coca-Cola, Mondelez-International, Unilever, Danone, Heineken, Général-Mills ainsi que Pernod-Ricard raflent toutes les marques nationales dans le monde entier. Dans notre pays ce sont les chocolats Menier et Lanvin qui sont avalées par Neslé dès 1988; la valse des rachats se poursuit dans les années 1990, les glaces Miko par Unilever, puis Vivagel par Danone en 1994. A la rigueur, tout ceci ne serait pas si dramatique si tous ces groupements ne s'accompagnaient pas d'un autre phénomène tel l'explosion du nombre d'aliments ultratransformés; ce sont des produits issus du fractionnement et de la recombinaison d'aliments contenant de nombreux additifs et ingrédients à visée technologique comme le sirop de glucose, l'amidon modifié, les protéines de lait, le beurre en poudre, l'extrait de malt et l'huile de palme; le plus grave c'est qu'il existe un lien entre la consommation de ces produits et la prévalence de certaines maladies, le cancer en particulier. Pour en revenir aux aliments ultratransformés, qui multiplient les ajouts de substances et ingrédients issus de la chimie, ils répondent parfaitement aux besoins des industriels de l'agroalimentaire qui fabriquent en masse des produits standardisés, à longue durée de conservation. Mais il y a une autre raison qui explique l'importance des produits ultratransformés pour ces grands groupes, c'est l'éternelle course à la rentabilité; pour donner une idée sur le capital du groupe français BSN Danone, ce sont huit groupes financiers et fonds d'investissement qui sont à la manoeuvre.

Que de temps passé depuis notre goûter de 4 heures avec notre "Petit Beurre LU". Voici quelques compositions de nos goûters actuels: biscuits et galettes: lait en poudre, carbonate acide d'ammonium, carbonate acide de sodium, acide citrique et arôme, ça c'est notre Petit Beurre; huile de palme, sirop de glucose-fructose, carbonate acide d'ammonium, diphosphate disodique, acide citrique, arôme et ça c'est le Petit-Brun; je vous en présente un petit dernier pour la route.....carbonate de sodium, diphosphates, lait écrémé en poudre, ça c'est la galette St.Michel.

Il est justement 16 heures,je vais goûter, bon appétit à tous......et puis tout ça me donne envie de reprendre mes cours de chimie!